01.04.2007

Pas de mouron pour les petits oiseaux

medium_mouron.JPGJe sens que le printemps s'est définitivement décidé.
L'occasion de plonger le nez dans la verdure perchée au bord de ma fenêtre.

Ce baquet est un souvenir des velléités jardinières que j'avais en emménageant : menthe, thym, persil, ciboulette, basilic. Directement de la terre à l'évier, et de l'évier à la casserole, c'est tellement mieux que les aromates congelés ou pire encore secs. Un de ces petits trucs qui participent au rêve d'une vie parsemée de petits plaisirs simples, delermienne un peu mais sans la cucuterie.

Evidemment, le Picard est si proche, et puis à quoi bon se faire à bouffer des trucs élaborés quand on vit seul ? Pour moi, faire la cuisine, c'est un plaisir qui se partage. 

Le jardinet a donc rapidement été livré à lui-même, sans arrosage aucun et, après passage du gel-dégel-regel, je constate qu'il est encore plein de vie.
Beaucoup de vie mais pas beaucoup de diversité. Le biologiste a le réflexe de se dire "tiens, ma jardinière est un milieu difficile" :p
Des plantes domestiques, le persil seul a survécu, s'octroyant un bon tiers de l'espace.
Le reste est occupé par une herbe que l'on dit mauvaise. Le mouron des oiseaux.

Je me suis toujours demandé le pourquoi "des oiseaux", et quel sens avait l'expression "se faire du mouron"

Et j'ai découvert qu'autrefois, le mouron, cette saloperie qui fait s'attraper des lumbagos à tous les jardiniers du dimanche, semedium_marchandesmouron-1898.2.jpeg vendait à la ville.
C'est joli comme nom : "marchande de mouron".
Enfin, c'était plutôt la misère pour gagner sa vie. Vendre sur le trottoir des herbes pour nourrir les petits oiseaux en appartement(*)... Souvenir d'un époque où tout un commerce se faisait dans la rue, et où tout un chacun pouvait vendre un peu n'importe quoi. Tiens, faudra que je pense un jour à vous parler des marchands de mèches pour fouets, des paveurs en bois et autres tondeurs de chiens... Est-ce qu'ils se faisaient autant de mouron que nous ?
Ah, oui, que je vous dise : le mouron, ça pousse tellement dru qu'au siècle dernier c'était un mot d'argot pour désigner la chevelure.
D'où l'expression : se faire du mouron. C'est se faire des cheveux. Blancs, sous entendu.

Sur le bord de ma fenêtre, il n'y aura pas de mouron pour les petits oiseaux, en tout cas.
Un grand filet tendu au dessus de la cour leur barre le passage. Les oiseaux, ca fait sale, vous comprenez.
Dommage, j'aurais bien invité ce merle que j'entends chanter de l'autre côté.

(*) François tu me fais chier avec ton Bobby Lapointe : c'est bien parce que t'es un ami que je le cite hein :
Vendre des glaces c'est un très bon métier
(Poil aux pieds)
C'est beaucoup mieux que marchand de mouron
(Patapon)

Voilà.

Commentaires

...du persil frais sur une tomate je ne trouve pas ça tellement élaboré, tout comme se chatouiller le nez avec une feuille de menthe frottée...oui !...enfin c'est bien vrai que juste pour soi...

au pays tralalala...il y'avait tralalala...du mouron lalala... lala là !

Écrit par : ligne6 | 07.04.2007

C'est aussi pourquoi le persil reste bien tranquille à absorber quelques particules lourdes et à disputer son terrain au mouron.
Ce sont les sauvageonnes aromatiques qui seront cueillies à la campagne quand la saison sera propice... Lierre terrestre, petite valériane, salsifi et carotte sauvage : que des surprenantes !

Rires pour la chansonnette poussée ;)

Écrit par : Ccoton | 07.04.2007

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